I had a dream !
Pour répondre à l'invitation de Lisa, à mon tour je vais vous raconter quelque-chose autour de mes rêves… Pas d'amoncellement d'oreillers sur mon lit (l'épaule de l'homme me suffit… pourrais-je écrire. Mais non, en fait, pas du tout. Mon avant bras est bien plus confortable pour tout dire).
Il m'arrive d'imaginer ce que serait la vie sans mémoire. Nulle. Je baigne dans mon passé. Tournée vers l'avenir, essayant de vivre mon présent intensément, à chaque minute, en toutes circonstances. Je saoule mes enfants avec ça : "profitez, profitez mes chéris. De chaque instant. Ils sont tous précieux. Ne soyez pas trop pressés…"
Le temps nous est compté. Du coup, il est rare. Et je veux ne pas en perdre une miette. Alors, depuis mes années lycée, j'ai pris l'habitude de dormir peu. J'aime dormir pourtant. Mais toujours je retarde autant que possible le moment de retrouver mon lit pour y dormir. Régulièrement je m'endors sur le canapé. Mais il m'arrive aussi et c'est un paradoxe, de me coucher pour rêver. Avant l'homme, j'ai été souvent amoureuse. Et j'aimais me fabriquer des songes. Dans le noir. Fermer les yeux et rêver la vie comme on la voudrait. Pour construire une histoire d'amour mais aussi bien d'autres choses. Rêver au cher malade et l'imaginer guéri. Faire comme si ce rêve allait donner corps à la réalité. Maintenant que j'ai mes enfants et l'homme, je ne joue plus à ça. Mais chaque soir, je dois respecter un rituel sacré : enlever les cauchemars de la tête de mon fils selon une méthode invariable mise en place au fil des années et, depuis moins longtemps, mettre les rêves dans la tête de ma fille. Et ainsi chaque jour, inventer une histoire, la dire tout bas dans le noir, une main posée sur le front de chacun… (faut-il préciser que quand mon garçon fait un cauchemar, c'est de ma faute, je ne les ai pas tous enlevés et que les rêves de ma fillette n'ont jamais le moindre rapport avec ce que j'avais imaginé…)
Je passe donc peu de temps dans mon lit, mais je rêve, oui ça je rêve, sans cesse. Et si tout n'est pas tout rose tout le temps, je pense pouvoir dire qu'assez souvent ma réalité est un rêve et c'est une drôle de chance !
Mon rêve familier
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.
Paul Verlaine
Commentaires sur I had a dream !
Merci pour l'histoire et pour Verlaine !
J'adhère tellement à ta conception du sommeil : je l'aime / je le fuis car le temps lui aussi me fuit, cette nuit, et toutes les autres aussi...il y a tant de choses à faire ici!
Génaile aussi ta "gestion" des cauchemars et rêves de tes petits...je me reconnais ici! ; )
Jolie participation!!!
oh moi aussi j'ai laissé un petit poème
que c'est joli joli ce drap
Faites tous les 3, de beaux rêves et qu'ils puissent se réaliser!










